Simonet, le "Messi du hand"

Arrivé en France, du côté d’Ivry, en 2011, Diego Simonet n’a depuis eu de cesse de progresser. Désormais replacé au poste de demi-centre, l’Argentin s’est fait sa place à Montpellier, où il est le dépositaire du jeu. 

Nous sommes en janvier 2011 au championnat du monde, et l’Argentine vient de battre la Suède chez elle (27-22). La planète handball découvre alors le jeune Diego Simonet, 21 ans. Un jeune prodige qui se voit bien vite affublé par ses compatriotes du surnom de "Messi du handball". Ce raccourci fait désormais sourire l’intéressé. "Messi, c’est mon idole, un exemple pour moi. Me comparer à lui c’est trop, il y a beaucoup de différences entre lui et moi, lance-t-il. Mais ça me fait rigoler." Désormais âgé de 24 ans, le demi-centre de Montpellier n’en reste pas moins un ambassadeur de choix pour le handball argentin. "Tous les joueurs qui jouent en Europe sont importants, tempère-t-il. On est 7-8 à jouer en Europe, le reste joue en Argentine. On a une expérience qu’ils n’ont pas, une expérience qu’il faut qu’on partage."

Une expérience indispensable pour que l’Argentine continue de grandir sur l’échiquier international, alors même que son championnat reste mineur. "Là-bas, le handball est amateur. Tu dois travailler à côté, ce n’est pas le club qui te paye. Tu fais du handball pour le plaisir, raconte-t-il. Et le niveau n’est pas terrible, tu dois partir pour progresser." Un choix que le jeune Diego a rapidement fait. Après avoir commencé à tâter la petite balle à l’âge de sept ans dans le club de Villa Ballester, ce fils d’internationaux de handball s’exile dès l’âge de 19 ans au Brésil, à Sao Caetano. "J’ai été repéré avec l’équipe nationale juniors. Un coach m’a repéré et m’a conseillé d’aller là-bas car le championnat était meilleur, se souvient-t-il. C’est du niveau de la D2 française. Il y avait quatre clubs forts et le reste n’était pas terrible."

Encore des axes de progression...

"Chino" ne va cependant pas s’éterniser chez le voisin brésilien et, dès 2009, il rejoint son frère en Espagne, du côté de Torrevieja, à côté de Murcie. "Mais je n’ai pas beaucoup joué là-bas. J’étais jeune, et je jouais entre 10 et 15 minutes par match", souffle-t-il. Sa performance aux Mondiaux de 2011 lui permet finalement de taper dans l’œil d’un club français, Ivry, qui propose aux deux frères de rejoindre la banlieue parisienne. "On était bien en Espagne, mais on ne pouvait pas continuer à cause de la crise. On a décidé de partir à l’aventure, et notre famille était d’accord pour cela. On a pris des renseignements auprès de Leonardo Querin, qui a joué à Ivry, et il nous a dit que c’était un club avec une grande histoire, un club mythique, explique Diego Simonet. Le club nous a accordé toute sa confiance, et on était vraiment heureux. C’est grâce à eux que Montpellier m’a fait signer."

Nikola Karabatic parti, le MAHB a en effet décidé de confier les clés du jeu au jeune Diego Simonet. "Avant je jouais plus arrière gauche, et ils m’ont replacé demi-centre. L’an passé, j’ai énormément progressé. Patrice (Canayer, le coach, ndlr) m’aide beaucoup. Il donne beaucoup de conseils et est très exigent, souligne l’Argentin, qui a notamment appris à gérer son équipe. Avant j’allais beaucoup au contact de la défense, et Patrice m’a conseillé de moins y aller, de jouer plus loin de la défense car sinon j’allais finir tous les matches carbonisé." Renforcé physiquement, Diego Simonet est du coup moins touché par les blessures, et est devenu un pion essentiel du jeu héraultais. Mais le meneur de jeu n’est pas encore un "produit fini". "Je dois encore progresser sur l’expérience, apprendre à gérer le timing d’un match, savoir garder la balle quand il le faut, conclut-il. Je dois aussi progresser en défense, et être plus régulier." Et du coup se rapprocher un peu plus du niveau de Lionel Messi ?

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